Durant le repos hivernal de nos belles Harley l’année culturelle 2026 Plaine De France Chapter commence par l’invitation de Véronique et Marcel à nous rendre sur Paris pour visiter le quartier de Montmartre par un dimanche du mois de février. Ainsi 19 ladies et biker bien emmitouflés prêts à affronter le vent et les chutes de neige annoncés se retrouvent à la station de métro Anvers pour gravir la colline de Montmartre en montant les marches menant au pied de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre. Ainsi commence leur périple à pied dans le 18ème arrondissement parisien.

                   

Notre première visite commence pour l’un des sanctuaires les plus visités de France, la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre consacrée le 16 octobre 1919 plus de 40 ans après la pose de sa première pierre. Pour anecdote, les pierres sont extraites de la carrière de Château-Landon, à 25 km environ au sud de Fontainebleau (L’Arc de Triomphe est construit avec ce même matériau) et ont une particularité : les pierres blanchissent au contact de la pluie !  Pour assurer la stabilité cet édifice si haut repose sur 83 piliers de 33 mètres de profondeur qui s’enfoncent dans la colline de Montmartre.

Après la petite montée des marches nous nous retrouvons face à la Basilique et prenons le temps d’observer de plus près la beauté de son frontispice :

Au centre de la façade, tout en haut, la statue de Jésus Christ bénit la ville d’une main et de l’autre, montre son cœur. C’est bien une “statue du Sacré Cœur”. Quatre anges en bas-relief entre les arcades des piliers représentent les vertus cardinales. Au-dessus des trois portes, des scènes bibliques témoignent du Sacré-Cœur. : Moïse faisant jaillir l’eau du rocher, le coup de lance du soldat perçant le Cœur de Jésus Christ mort sur la Croix, l’apôtre saint Thomas touchant les plaies de Jésus Christ Ressuscité. Les deux statues équestres de la façade représentent Saint Louis et Sainte Jeanne d’Arc. Sur le toit se trouve la statue de Saint-Michel, ange protecteur de l’Eglise et de la France, terrassant le dragon. Dans le Campanile, tour de 84 mètres (le clocher), l’une des plus grosses cloches du monde pesant 19 tonnes retentit nous invitant à entrer en ses lieux.

                        

Après une légère attente en file indienne à l’abri du vent d’hiver soufflant sur la colline et nous rendant les joues rouges et bien fraiches nous pénétrons dans l’édifice, riche d’un patrimoine historique et artistique uniques. Entrer dans la basilique par la grande porte, c’est découvrir un lieu à la fois monumental et profondément spirituel. Dès notre entrée, notre regard est attiré vers la splendide mosaïque du chœur représentant le Christ ressuscité, vêtu de blanc, les bras grands ouverts, laissant voir un cœur d’or. Nous sommes alors devant l’une des plus grandes mosaïques du monde de 475 m2. Nous déambulons ensuite dans le sens de la visite autour de la nef pour découvrir : 

  • Chapelles latérales dédiées à différents Saints décorés avec soin par des vitraux, mosaïques, autels témoignant du Sacré-Cœur qui offrent un espace plus intime pour la prière et permettent d’observer les vitraux et œuvres décoratives détaillées. Tout le long du chemin de visite, chaque statue, fleurs et cierges témoignent de la ferveur confiante de ceux qui confient à ces saints leurs demandes et leurs intentions. Les statues les plus impressionnantes sont réalisées en argent celle de la vierge Marie et celle représentant Jésus Christ triste montrant son cœur transpercé.
  • Le Chœur à travers les arches et son autel de célébration où la messe est célébrée, les étoiles sur les côtés, les stalles en fine marqueterie de 37 bois différents, le maître autel composé d’une crucifixion, des 12 apôtres, du tabernacle et du soubassement orné de symboles eucharistiques (le Lys, la vigne et le blé) et le Saint Sacrément élément le plus précieux (âme de toute la Basilique et adoré jour et nuit depuis le 01er aout 1885.

                                

  • Les vitraux du Sacré-Cœur, feu d’artifice de couleurs complétant ceux déjà découverts lors de la visite des chapelles latérales :  une beauté chatoyante pour une grande richesse de signification – à l’entrée de la Basilique les vitraux des quatre saints témoins du Sacré Cœur – très haut dans les murs de la Basilique huit rosaces – placé au-dessus du grand orgue face au chœur le Christ en vitrail figure sur la croix.

Avant notre sortie vue sur le grand orgue du Sacré-Cœur, considéré comme l’un des plus remarquables en France et dans le monde construit en 1898 en restauration actuellement pour une durée d’environ deux ans dont la beauté unique de sa sonorité est reconnue officiellement par l’État français et classé Monument historique.

            

Chacun sort de la Basilique émerveillé par la splendeur et la richesse de ce gigantesque monument Parisien pour continuer la recherche des découvertes montmartroises. En premier lieu, non loin de la Basilique,  direction “Place du Tertre”.

Située sur la butte Montmartre la Place du Tertre est la principale place de l’ancien village de Montmartre célèbre dans le monde entier pour ses artistes peintres et ses terrasses où de nombreux artistes y dressent leurs chevalets chaque jour. Elle nous rappelle l’époque où Montmartre était un lieu de l’art moderne où vivaient de nombreux peintres comme Toulouse-Lautrec, Poulbot Picasso, Modigliani et Utrillo. Régulièrement le théâtre de batailles juridiques pour la réglementation des emplacements des artistes leurs espaces a diminué au profit des terrasses de restaurants et des cafetiers disposant progressivement de 80% de cet espace. Le temps n’étant pas favorable aux artistes ils n’étaient pas tous ce dimanche au rendez-vous. Mais sur place les nombreux visiteurs de l’instant et de tous pays semblent les attendre en s’y attardant s’imprégnant de la vue des lieux à 360° qui révèlent des façades historiques et nous replongent au 19ème siècle : l’Hôtel Bouscarat, l’ancienne mairie du 18ème siècle, la maison du sculpteur Maurice Douard, l’emplacement où fut expérimenté le télégraphe mais aussi sur plaque commémorative le point de départ de l’industrie de l’automobile française marqué par la première voiture à pétrole pilotée par Louis Renault qui atteignit la place du Tertre pour la première fois un 24 décembre 1898.

                          

🌨️ Direction ensuite sous quelques gouttes d’eau froide voire petits flocons prévisibles après une légère pause pour certains en manque de dopage ☕ le “Musée de Montmartre” riche et belle idée de Véronique et Marcel pour approfondir nos connaissances culturelles sur ce sympathique coin du 18ème arrondissement de Paris.

Ce musée renferme de merveilleux anciens jardins préservés en plein cœur de Paris, l’histoire de la butte, l’effervescence des ateliers et cabarets montmartrois, mais aussi des collections temporaires et permanentes. Dès notre entrée en cour intérieure nous nous sentons dans un autre monde, un havre de paix et de verdure loin de Paris et de son tumulte actuel. La tranquillité de ses jardins donne au lieu un air de campagne au centre de Montmartre. Nommés en souvenir d’Auguste Renoir qui vécut sur place pour y peindre plusieurs chefs-d’œuvre (Bal du Moulin de la Galette, La Balançoire ou le Jardin de la rue Cortot) chaque jardin a son caractère propre inspiré de la palette du peintre impressionniste. On peut aussi admirer en jardin du bas la vigne du Clos Montmartre. Collé au jardin Renoir, le jardin sauvage Saint-Vincent, inaccessible au public sauf guidé entre avril et octobre, est en friche depuis de longues années permettant une faune et une flore exceptionnelle bénéfique pour la biodiversité du jardin Renoir et du quartier Montmartre.

          

Nous entrons ensuite dans l’une des bâtisses les plus anciennes de la Butte construite au 17ème siècle, la Maison du Bel Air où se trouvent les collections permanentes qui reviennent sur l’histoire de la Butte, l’effervescence de ses ateliers, du Bateau-Lavoir à l’atelier Cortot ainsi que sur l’ambiance de ses célèbres cabarets, du Lapin Agile au Moulin Rouge nous plongeant dans l’histoire de Montmartre. Le paysage de Montmartre commence à se transformer rattaché à Paris en 1860. Les artistes s’y installent à partir de 1870. Les cafés et cabarets se démultiplient dans les années 1880. C’est l’effervescence et l’énergie de création qui caractérisera Montmartre. Une salle est dédiée aux artistes emblématiques de Montmartre, une autre met en scène le théâtre d’ombres, décor onirique qui a fait la réputation du cabaret du Chat Noir .

Une fois dans l’atelier appartement de Suzanne Valadon partagée avec Maurice Utrillo et André Utter nous ressentons l’âme de ce trio qui a réinvesti les lieux : la mezzanine de l’atelier a été recréée et la chambre d’Utrillo a retrouvé ses lambris et son grillage à la fenêtre. Pour être aussi fidèle que possible à la réalité de l’époque, Hubert Le Gall s’est fié aux lettres et aux écrits de l’époque ainsi qu’aux photographies historiques des lieux scrupuleusement analysées, tout le matériel de base ayant disparu, en chinant toutes les pièces présentées aujourd’hui dans l’atelier appartement.

Puis l’exposition temporaire de l’instant nous présente une sélection d’œuvres emblématiques de la collection Roefler consacrée à l’Ecole de Paris rassemblant de grandes figures de peintres et des artistes méconnus du grand public français. L’exposition met en lumière l’émulation qui a animé le début du 20ème siècle révélant la force créative collective qui a contribué à redéfinir les codes l’art moderne.

              

🕰️ L’heure du repas commence à se manifester dans nos estomacs creusés par la marche et les déambulations matinales. Le restaurant retenu par nos guides n’est pas loin. Nous remontons vers la place du Tertre, passant devant la célèbre “Maison Rose” qui pourrait plaire à notre ladie Roselyne 😉 et nous voilà réunis face à “La Bonne Franquette” prêts à en découdre avec le menu de ce célèbre et beau restaurant 😋. Maison du 16ème siècle au cœur du vieux Montmartre, “La Bonne Franquette” fait vivre la tradition montmartroise de gaîté, de convivialité, d’accueil d’artistes, de vignerons comme d’amateurs de bon vin et de bonne chère, fidèle à sa devise « Aimer, Manger, Boire et Chanter ». Anciennement “Aux Billards en Bois”, le restaurant dépayse touristes comme parisiens par son atmosphère typique et son ambiance villageoise propres au vieux Montmartre qui fût le rendez-vous d’artistes comme Pissarro, Sisley, Cézanne, Toulouse-Lautrec, Renoir, Monet, Zola… s’attablant assoiffés sous les tonnelles du jardin après l’ascension de la Butte. En voisins venaient aussi Suzanne Valadon et Utrillo tout près aussi de chez Aristide Bruant. C’est même dans le jardin de ce haut lieu du Paris historique, que Van Gogh, qui habitait au 54 rue Lepic avec son frère Théo, devait peindre le tableau « La Guinguette », exposé a au Musée d’Orsay.

               

Ce n’est qu’après deux heures d’un bon repas simple, généreux, composé de bonnes spécialités du terroir et pour la digestion 😊 que notre après-midi se termine reprenant la bonne marche qui nous mène “Place des Abesses”, empruntant les ruelles du vieux Montmartre pour découvrir au détour des ruelles silencieuses, se mélangeant et cohabitant, plusieurs lieux historiques en architecture, les anciens moulins, les beaux quartiers… et pour destination finale le  Square Jehan Rictus qui abritait à partir de 1837 la mairie de l’ancienne commune de Montmartre, mairie du 18e arrondissement de Paris depuis l’an 2000, et le “Mur des Je T’aime” de Frédérique Baron composée de carreaux émaillés reproduisant l’expression “Je t’aime” dans 250 langues. 

                        

Nombreux sont les peintres qui ont été inspirés par les moulins de Montmartre. Historiquement une “colline aux moulins”, on en dénombrait pas moins de treize sur la colline de Montmartre et deux à l’est de la colline. Ils avaient chacun différentes missions : broyer le blé pour obtenir de la farine, broyer du raisin, broyer du plâtre, broyer des galets pour les manufactures verrières. Il y avait même un moulin pour broyer des bulbes d’Iris pour l’industrie du parfum et un moulin pour le poivre. Le Blute Fin et le Radet, les deux rescapés formaient avec les jardins et la ferme le célèbre ensemble du Moulin de la Galette avec son bal populaire. On peut voir l’un des moulins au 77 rue Lepic et l’autre au 83 de la rue Lepic. Le vrai moulin de la galette est celui grâce auquel on pouvait obtenir de la farine de Seigle pour faire des pains de Seigle, les “galettes” que l’on dégustait avec un verre de lait ou de vin. L’ancien Blute-fin est le vrai Moulin de la galette car le Radet lui s’occupait de broyer des bulbes d’iris, oignons de fleur pour l’industrie du parfum.

                                  

C’est en fin de journée que chacun emprunte son chemin du retour par les transports en commun parisiens après avoir remercié nos précieux guides de visite sur Montmartre Véronique et Marcel. Encore un grand merci à eux deux qui, comme à chaque sortie culturelle, nous comblent de belles découvertes proches de chez nous pendant que nos Harley hibernent. Félicitations à eux pour l’organisation, leur investissement en partage de connaissances en si beaux lieux proches. Sommes toujours prêts à renouveler ces belles aventures culturelles en famille Plaine De France Chapter.