La lumière du jour était déjà vive et le soleil s’annonçait puissant quand le doux ronronnement du V-Twin se fit entendre dans le garage, ce samedi matin 21 septembre 2019.

Cette journée promettait d’être exceptionnelle et elle tint toutes ses promesses !

L’endroit de notre destination était inconnu, le secret ayant été bien gardé par les plus hautes instances du Chapter.

Vint le moment de faire sauter la béquille et de sortir la moto pour lui permettre de respirer l’air plutôt frais de cette journée proche du début de l’automne. Un petit 8 degrés qui nécessitait plusieurs couches de vêtements pour garder un peu d’une douce chaleur au contact de sa peau pendant les kilomètres qui allaient suivre…

Le biker Harley s’habille toujours en vêtements de la marque, du caleçon jusqu’au chaussettes et gants, mais en évitant « la pipe Harley » histoire de ne pas la casser, vu son prix !

 Je retrouvai ainsi, après une demi-heure de route,  mes ami(e)s bikers  à la station Esso, direction province vers 8h30, le plein fait, vessie vide… !

 Bises, plaisir de se revoir et nous voilà partis vers l’inconnu et ses surprises. Vincent en tant que Road  Captain, nous emmène d’abord vers l’ouest, puis  oblique  vers le sud en passant près de Versailles.
Tout en roulant, je regarde les copains: chacun son style et sa position de conduite. Celle de Manu notre photographe, me plaît bien, moi qui suis amateur de navigation en mer. Vue de derrière, sa silhouette rappelle une ancre de marine, avec son corps sombre, bien droit, ses jambes étendues sur les côtés de son cheval d’acier, prolongées par des santiags aux extrémités effilées tournées vers le ciel. Cette ancre donne l’impression de glisser, en lévitation, quelques centimètres au-dessus du bitume…

 Pendant ces kilomètres de route, l’esprit vagabonde d’une pensée à l’autre, se rappelant certains souvenirs où imaginant l’avenir, avant que le présent ne se manifeste par un détail, ou un sublime paysage, accrochant le regard.

Avant de partir, Vincent nous avait fort bien expliqué la manière de circuler “en tiroir”. Mais elle y est restée ! Nous n’en n’avons pas eu besoin, la route fut simple: nationales et autoroute.

 

 Vers 12h30, le convoi de nos 12 motos arrive sans encombre à la réserve de Beaumarchais avec ses wapitis et ses sangliers, à Autrèche. Nous y rejoignons tous les autres membres du Chapter partis la veille. Nous voilà donc éclairés sur le but de notre destination : la région de TOURS.

À nouveau, c’est un bonheur se revoir après les vacances estivales, car à chaque visage, sont associés des souvenirs liés à des moments partagés de runs  ou de séjours précédents, sources d’émotions communes.
Embrassades, plaisanteries, regards où brille le plaisir des retrouvailles, quand soudain,  un coup de sifflet strident retentit avec autorité…
C’est Pascal, qui vient nous indiquer, manu militari, que le moment de se diriger vers le restaurant est venu.
Pendant le déjeuner, nous apprenons en discutant, que  la journée précédente fut  riche en événements…

… Ainsi, après les petites routes du vendredi matin, la cohorte des 57 HARLEYS étant guidée par Jean-Marie, tout le monde s’est arrêté derrière le château de Blois.

Là, un garçon charmant, répondant au prénom de John, attendait, pour assurer la garde de leurs montures pendant que toute la troupe partait à pied vers le Musée de la Magie, très apprécié, et  d’où surgissaient des fenêtres, par moment, des tetes de dragons..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La balade se poursuivit dans le vieux Blois à bord de calèches, les chevaux faisant claquer leurs sabots sur les pavés, et le tour cette ville fut l’objet de commentaires historiques délivrés par un guide.

Les calèches empruntèrent ensuite un pont sur le fleuve, pour atteindre un ancien bâtiment construit sous François 1er: l’Aitre St Saturnin en face de l’église du même nom. Nos bikers remirent pied à terre pour se diriger vers un magnifique buffet où toasts et Vouvray  les attendaient, proposés par une escouade  de charmantes dames à la quarantaine florissante.


Vers 14h30, tout le monde  remonta dans les calèches, direction le centre de Blois pour reprendre  les chevaux de métal, restés sous l’œil vigilant de John, et filer  ensuite sur des petites routes de campagne.


À 17h arrivée à l’hôtel Bellagio , et vers 20h dîner dans la salle de restaurant, associé à un karaoké mémorable ou plusieurs de ceux qui étaient présents, y ont perdu leurs cordes vocales…
Après une nuit de repos, tous sont repartis en moto le samedi matin pour explorer l’arrière-pays  et le run s’est terminé par une découverte de la cave de la famille Gaucher, produisant du Vouvray. Les explications sur la façon actuelle de réaliser ce délicieux breuvage furent suivies d’une dégustation très sympathique. Au dire de nos amis…

 

Mais après ce flash back, retour au présent et à cette fin de déjeuner du samedi midi. Coup de sifflet de Pascal, histoire de nous rappeler que l’heure tourne, et après un café vite absorbé venant conclure un copieux repas, ce fut le moment de sauter sur nos brèles pour partir en balade dans la région, empruntant des petites départementales comme on les aime. C’est  ainsi une meute d’une soixantaine de HARLEYS qui s’ébranla, dans un bruit de tonnerre, suivie de trois voitures, pour s’élancer sur les routes paradisiaques de la région tourangelle.

Quel convoi ! Les éclats scintillants de l’acier de Milwaukee dansaient au-dessus de la chaussée sur près d’un kilomètre de longueur et traversaient les villages comme des petites lucioles, sous le regard étonné, voire amusé des habitants des lieux.

Cependant, nous ne sommes pas « seuls au monde » … Jean-Marie nous arrêta à la concession de Tours où nous attendait un accueil pour le moins chaleureux avec croissants, tranches de cake, chouquettes, jus de fruit et café, proposés par les responsables du lieu: Patrick et Christelle. Ce moment fut l’occasion pour certains de quelques achats pour compléter notre panoplie Harley, ou, pour ceux restés à l’extérieur, de profiter des bons rayons d’un soleil intense en ce jour anniversaire.


Après des remerciements et un « au revoir » à nos deux hôtes, vint le moment de presser à nouveau le démarreur et faire danser les pistons de nos montures, direction Amboise, par de nouvelles petites routes, traversant des paysages parsemés de bois, de champs de blé coupés, de parcelles de maïs bien mûrs, voire grillés, attendant d’être récoltés. Puis, nous longeâmes le bord de la Loire sur plusieurs kilomètres .


Sur la droite, en approchant d’Amboise, le regard est d’abord arrêté par le pont qui traverse le fleuve, solidement ancré sur de larges piliers de pierres, puis se pose sur le puissant château de pierres blanches ou brunes, d’allure féodale, qui les domine, habité à son époque, par François 1er.
En haut des immenses remparts, côté ville, trône la chapelle Saint-Hubert, construite en  pierres finement sculptées,  dans laquelle on accède par des portes en bois, très travaillées, et où repose un illustre génie: Léonard de Vinci !
Ce qui intrigue en regardant le château, ce sont deux  hautes et larges tours implantées au Nord et au Sud de l’édifice. En fait, elles permettaient aux carrosses et aux chevaux de monter ou de descendre sur une route construite en leur sein, de forme spiralée, et de passer ainsi, du niveau de la ville en contrebas aux allées du château en haut…En résumé, l’idée des  rampes d’accès à nos parkings modernes à étages date du 16éme siècle .

En continuant sur les bords de Loire, nous atteignons vers 17h30 notre splendide Hôtel Villa Bellagio.

L’endroit est très étendu, constitué d’un corps central avec hall d’accueil et salles de restaurant, accompagnés en périphérie, de pavillons modernes à un étage dans lesquels sont distribués quatre appartements spacieux, intégrant salon, chambre, salle de bain, et toilettes. Après la procédure d’accueil, nous y accédons directement avec nos belles mécaniques et celles-ci passeront la nuit devant nos portes d’entrée respectives : super pratique !
Le temps de poser son sac ou sa valise et surprise… au niveau du salon sont déposés des cadeaux pour chacun des participants ! C’est ainsi que je découvre une bouteille de Vouvray, qui sera un soir partagée avec des amis, une tasse à café en aluminium aux couleurs de notre Chapter , et dont l’anse est constituée d’un mousqueton, ( pratique pour l’accrocher au sac Harley), plus une montre au cadran à     l’ effigie d’un skull ; donc tout ce qu’il faut pour compléter le nécessaire du parfait biker Harley…
Tout cela offert par le Chapter Plaine de France 95 et contenu dans un sac noir , ce dernier étant un cadeau de la concession Passion  Road.

Installation rapide et hop, direction la piscine en plein air qui se trouve au milieu du parc de ce complexe hôtelier, pour un bain d’une fraîcheur revigorante. Habitués de la Méditerranée, s’abstenir !

Il n’empêche que nous avons eu une discussion tranquille, à quatre, au milieu de cette eau dont la température rappelait celle des Fjords norvégiens. Mais nous, bikers du 95, avons des tempéraments de viking pour ces occasions, et l’avons déjà prouvé par le passé…
Après ce petit passage au Cap Nord, retour à l’appart pour la préparation de la soirée de gala, chacun devant arriver déguisé au rendez-vous apéritif fixé à 19h30. Avec mon compagnon de chambre, Christophe, « costumé » en bagnard, nous sommes dans les premiers, derrière Bruno et Brigitte, à nous retrouver sur la terrasse du bâtiment d’accueil. Je suis en corsaire du roi, vêtu de rouge et de noir, coiffé d’un tricorne et… borgne, comme il se doit !

Assis à la terrasse, nous voyons  arriver une  dizaine de moines et une moinette, des bagnards échappés de Cayenne, des clowns homme ou femme, à la recherche de leur cirque, d’autres corsaires ou pirates fraîchement débarqués de Saint-Malo. Viennent ensuite une série de fantômes et de sorcières, réveillés un peu tôt, car la nuit elle, n’avait pas encore fait son apparition…

Puis surgit une bande d’Anonymous habillés en rouge et portant un masque blanc, interrompu par une moustache à la Salvador Dali, complétée d’une fine barbichette, entourant un sourire énigmatique…

Apparait ensuite Zorro, avec à son bras, une charmante princesse souriante, en robe satinée de couleur bleu ciel , au maquillage soigné, et pour finir un gros loup agitant frénétiquement son museau dans toutes les directions, semblant humer l’air à la recherche d’une louve…
Étonnement ou rire de chacun devant ces costumes chatoyants et surprenants, regards admiratifs voire interrogatifs… car qui est qui ?


Manu organise une photo de groupe prise depuis le balcon de l’hôtel (avant que certains lui demandent de descendre…) et nous passons dans une spacieuse salle à manger qui dispose d’une grande scène , ou d’entrée de jeu, Jean-Marie prends le micro pour nous accueillir et  proposer  aux 90 membres de s’ installer à table. Il cède ensuite la parole à Jef. Ce dernier nous explique la satisfaction de Passion Road de voir qu’en 10 ans, le nombre des adhérents à doublé et qu’il apprécie l’ambiance de notre Chapter. Il termine en annonçant le départ de notre Director, Jo, pour la prochaine assemblée générale et  Pascal Dagland viendra à sa suite. Il en profite pour féliciter Jo de son travail et de toute l’énergie qu’il a consacrée au Chapter pendant ces deux dernières années…. Applaudissements intenses de la salle !

Jo reprend le micro pour confirmer et rappeler quelques moments forts de ces 2 ans, puis il le tend à Gilles pour un début de soirée en fanfare…

Quand je dis Gilles, je devrais plutôt dire « Ginette », car travesti en « pute des faubourgs » dans une très courte robe rouge déformée en avant par une poitrine très prometteuse, susceptible de recevoir un plateau repas, et portant des bas noirs, il fallait vraiment un chaland très affamé pour se laisser séduire…      Ne parlons pas du maquillage de la dame, par charité chrétienne !

Nous avions également dans le lot des cas sociaux, un clochard (Mika) traînant sa poussette, à la voix rocailleuse, proposant généreusement à quiconque, de picoler avec lui sa piquette d’une couleur étrange pour ne pas dire glauque…

 Enfin, notre grand loup à la fourrure gris clair et aux longues dents aiguisées, répondant au prénom de Marty, sautait régulièrement sur scène pour la traverser tantôt à quatre pattes, tantôt à petit pas chassés, en danseuse étoile, les bras en arc de cercle au-dessus de la tête, avec une légèreté digne d’un Jumbo 747. Il ne manquait pas de choper régulièrement le micro pour rappeler que ce jour était aussi celui de son anniversaire, et que, dans ces conditions, la porte de sa chambre restait ouverte, permettant ainsi à toute éventuelle louve bienveillante de profiter de ses attributs mâles et honorer ainsi ce moment de sa vie.  Il a tout indiqué : son adresse personnelle, son 06, son numéro de chambre, mais je ne sais pas si son appel ou plutôt son hurlement à l’amour, (et non pas à mort) a été entendu. Ce qui est certain c’est que notre loup avait les patates au fond du filet… !


À la sono se trouvait Vincent, pour nous proposer tout un  programme musical et en particulier des airs discos, qui, avec les relances de Jean-Marie, ont fait vibrer tout le monde. Il y a eu des moments épiques sur scène,  de danses  par groupe de déguisements semblables…
Sont passés ainsi , dans le désordre, des moines, des Anonymous, des bagnards, des fantômes ou sorcières, les clowns et des princesses, des pirates ou corsaires, des cowboys et des entraîneuses, et d’autres encore !
En parlant de cow-boy, « Ginette » nous a montré ses talents pour chevaucher notre gros loup gris et tous deux nous ont offert sur  scène   le spectacle d’un rodéo infernal …

 

C’est alors qu’Elvis Presley,(Eric G.) plus vrai que nature, a occupé la scène  pour nous chanter ses  mélodies les plus langoureuses; les couples,  séduits par le charme de sa voix,  venant danser et onduler à ses côtés. 

Relance musicale et des chenilles improvisées se sont formées, zigzaguant en tous sens, tantôt dans la salle, tantôt dehors, voire même sur la scène.


Moment de délire suprême quand Jean Marie  a demandé aux gars de s’asseoir par terre pour former une ligne droite devant la scène, afin que nos bikeuses se jettent à plat ventre, bras tendus en avant, sur cette chenille aux pattes en l’air, et se laissent emmenées d’un bout à l’autre de la bête… Quelques poitrines et hanches se sont ainsi trouvées comprimées… par pur hasard !
Mais ces dames, y compris Dame « Ginette » et certains messieurs, en ont redemandé… Et les fous rires étaient sur tous les visages !


C’est alors que, « Ginette », belle comme un camion neuf, pris son envol d’une chaise plantée sur scène, puis continua dans un saut de l’ange, pourfendant l’air tel un albatros, un sourire béat aux lèvres… sous le regard admiratif de la foule, mais terrorisé des premiers hommes assis par terre, censés recevoir le bel oiseau rouge…
L’atterrissage fut terrible ! On entendit des bruits d’os cassés, à moins que ce ne soit le sol qui se  soit fendu ! La chenille fut fracassée et envoyée “ad patres”  dans les secondes suivantes ! Seule « Ginette », l’indestructible « Ginette » s’en tira ! Probablement grâce à ses deux airbags surdimensionnés et bien pointés vers l’avant.


Bizarrement, dans la presse locale et nationale, il ne fut pas mention de cette catastrophe aérienne et seuls vous, amis du Chapter, avez la primeur de cette nouvelle.
« Ginette » se releva, remis sa perruque à l’endroit, remonta ses roploplos, tira un peu sa jupe vers le bas, et repartit comme si de rien n’était…
Ce jeu originaire du Sud-Ouest a pour nom le Paquito. Désopilant !

Gilles et Jean-Marie se sont succédés ou associés pendant cette soirée de gala, pour nous faire vivre  des moments  plus fous les uns que les autres, laissant circuler à sa guise  le loup aux patates plombées  et qui manifestement était lui aussi très à l’aise sous son déguisement…On pouvait cependant  se demander si notre loulou était bien un vrai faux loup, son déplacement sur un mode sautillant à pieds joints, se rapprochant plus du style kangourou, que de celui d’un canidé…

Vers minuit, deux gâteaux d’anniversaire, portés par deux serveurs, furent déposés dans la salle. L’un représentait les couleurs du Chapter, l’autre celles de Passion Road, et furent installés côte à côte sur une grande table. Chacun eut le loisir de les admirer.

Ces deux gâteaux, côte à côte, étaient le symbole de la vie conjointe des deux structures pendant ces 10 ans.
La distribution des parts commença et nous pûmes déguster ces délicieuses pâtisseries avec une coupe de Vouvray, région oblige !

Après cet intermède sucré et liquide, nos animateurs reprirent les rênes de la nuit. Jean Marie éteignit la lumière de la salle et des faisceaux  multicolores tournoyants balayèrent l’espace, transformant l’endroit en  discothèque, pendant que la musique repartait de plus belle…Danseurs et danseuses ont alors à nouveau investi la piste jusqu’à près de 2 heures  du matin…

Force est de constater que Jean-Marie et Gilles était littéralement habités par les démons de la nuit et nous ont entraîné dans leurs délires…
Quand à ce qui nous a été proposé dans les assiettes pour le dîner, je ne m’en rappelle plus, hormis le dessert,  car le tourbillon de la fête, sur la scène et dans la salle, était grisant et a totalement capté mon attention !

Un peu plus tard, je quittai la salle avec d’autres, pour découvrir, en levant les yeux, un magnifique ciel étoilé venant conclure cette brillante soirée d’anniversaire, ou la joie, les rires, une saine folie et l’amitié furent à l’honneur. Tous seront d’accord avec moi pour adresser félicitations et remerciements appuyés à Gilles, Jean-Marie, Vincent, et bien sûr à notre loup de service, Marty, pour leur prestation inoubliable…

Pas de doute notre Chapter aime la fête et la fait bien !

A  la votre les amis, bises à tous et à la prochaine … Tchin tchin !

Didier MANCHON  « Historian »

Images  prises dans les albums du site, Merci à tous nos photographes.

 

 

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