La petite histoire de CAPTAIN AMERICA dans le road movie EASY RIDER

IILa petite histoire de CAPTAIN AMERICA dans le road movie EASY RIDER

La petite histoire de CAPTAIN AMERICA dans le road movie EASY RIDER

Captain America,

Il y a longtemps que j’avais envie d’écrire un papier sur cette moto mythique.
Elle représente pour moi un puissant symbole de vie, d’aventure, mais aussi pour ceux qui se rappellent la fin du film Easy Rider, de mort.

 

L’engin, baptisé Captain America en référence au héros de comics Marvel avait été conçu à partir d’un modèle HD d’après les spécifications donnée par Peter Fonda, c’est ce que ce dernier avait laissé entendre après sortie du film et son succès en 1969 mais, nous verrons que c’est inexact. Il fut par contre le producteur, mais aussi coscénariste avec Dennis Hopper, le réalisateur.

On ne peut parler de Captain America sans faire référence à l’histoire racontée par ce film. Il s’agit d’un sujet anticonformiste, remettant en cause le mode de vie classique des Américains, mais aussi celui des communautés hippies.

Cette moto est un peu le fer de lance anticonformiste de ce  film culte réalisé avec un  petit budget.
Fonda et Hopper était les deux héros.
Ce  road movie raconte le voyage deux jeunes motards, Wyatt et Billy, qui après avoir vendu une grosse quantité de drogue, décident de quitter Los Angeles et d’aller participer à la célébration du carnaval de la nouvelle Orléans avec l’argent gagné. Ce faisant, ils traversent  l’Amérique d’Ouest en Est, séjournent dans une communauté, croisent un avocat déçu qui sort de prison, ingurgitent  des hallucinogènes dans un cimetière en compagnie de deux putes et finissent leur périple dans la violence et la mort.
Ce film de contre culture, évoque ainsi la quête de la Liberté à travers une odyssée à moto dans les grands espaces du Sud-Ouest américain.

Le nom du film « Easy Rider » qu’on pourrait traduire par “motard cool” aurait été donné en hommage à une chanson de Mae West “i wonder where my easy rider’s gone “ de 1933.

Deux motos, absolument identiques, furent montées afin de pallier à une éventuelle défaillance mécanique. Mais l’une des deux, volée  après le tournage ne fut jamais retrouvée. C’est donc l’exemplaire que l’on voit brûler à la fin du film qui à été vendu. Il avait été restauré par un ancien acteur nommé DAN HAGGERTY, qui était chargé de  l’entretien de la bécane pendant le tournage, et en devint juste après l’heureux propriétaire. La moto connu ensuite deux autres possesseurs, avant de finir en salle des ventes en 2014 au prix jamais atteint par une moto jusqu’alors, de 1,35 million de dollars.
Sauf que l’authenticité de ladite pétrolette est fortement remise en cause par  le propriétaire texan d’une autre Captain America, également achetée à Dan Haggerty avec un certificat d’authenticité en bonne et due forme , comme la première…
Or, Peter Fonda, qui à apposé sa signature sur le réservoir de l’engin  reviendra sur ses premières déclarations, pour avouer que le concept de la moto, tel que réalisé,  n’était pas de lui. Alors, laquelle est la vraie, où se trouve celle qui a disparu ?
Colombo, tu as encore du pain sur la planche et tu vas pouvoir ressortir ta 403 !

Mais revenons à la genèse de l’idée de la moto elle-même. La moto ou plutôt les motos sont réalisées  en réalité par Cliff Vaughs et Ben Hardy, deux afro-américains. Hardy  tient un petit atelier de réparation de motos dans le quartier de Watts au sud de Los Angeles, et se fait aider par un mécanicien nommé Larry Marcus. Cliff, au caractère rebelle et contestataire, défendant les droits de la communauté noire, était diplômé en art de l’Université de Mexico, mais  pour gagner sa vie assurait des reportages (films ou photos) et travaillait pour une station radio. En 1966, il couvre le procès du fils d’Henri Fonda accusé de possession de marijuana. Une amitié entre Peter et Cliff se forme sur fond de moto et de cinéma. Easy Rider est en route !
Vaughs, comme beaucoup de jeunes Biker de cette époque cherche des motos légères et rapides ce qui l’amène à réaliser ses premiers choppers.

 Lors de ses rides, comme Jack Nicholson dans le film, qui joue un avocat des  droits civiques, il lui arrive de passer  par la case prison…
Certains “Red necks ” (cous rouges pour les noirs)  le prennent en chasse et parfois lui tire dessus. À l’évidence, les aventures de Vaughs dans les États du Sud ne sont pas sans rappeler certaines scènes du road-movie.

Origine matérielle des motos:

 Suite aux discussions précédentes, les deux hommes, Cliff et Ben, achètent en 1967, quatre Hydra Glide réformées du  fameux LAPD , (Los Angeles Police Départment) pour la somme de 500 dollars pièce à une vente aux enchères. Elles seront construites en un mois avec l’aide du mécanicien et facturées 1250 dollars chacune à la production.

Par la suite, la Columbia reprend en main la destinée du film, Hopper  n’ayant plus les moyens, et il semble qu’une clause de confidentialité ait été signée entre Cliff Vaughs et le studio car au final, Cliff et Ben disparaissent du générique et tombent dans l’oubli le plus complet. Ils seront réhabilités en 2014 au moment de la fameuse vente.

Dans le film, la « Billy bike » que chevauche Dennis Hopper est un chopper relativement traditionnel pour l’époque. La Captain America que pilote Wyatt ( Peter Fonda) est tout autre. On n’avait jamais vu une moto de la sorte !  L’angle de chasse du cadre Buchanan  incroyablement ouvert répond  a une fourche d’une longueur imaginable…

Ce type de fourche est une des caractéristiques des  choppers. Les choppers sont nés dans les États-Unis des années 60. Les HD étant trop lourdes, les jeunes Américains se sont mis à chopper, c’est-à-dire enlever ( passer au hachoir) toutes les parties non nécessaires au bon fonctionnement de la moto. Cela incluait le garde-boue avant, l’arrière (découpé), le frein avant, les sacoches, les phares additionnels, le pare-brise, les grosses selles.  Ainsi naquirent les Bobbers. Les choppers avaient en plus la susdite longue fourche, un cadre rigide (pas de suspension), un embrayage suicide (au pied) et un levier de vitesse à la main.

Caractéristiques techniques de Captain America:
Fourche rallongée de 12 pouces pour en faire une fourche télescopique à inclinaison de 45 degrés
Suspension arrière hard tail ( queue dure)
Roue avant de 24 pouces
Roue arrière 16 pouces, pneu arrière 120 mm
Frein arrière à tambour
Moteur HD 74 cubic inch (1212 cc), Pan Beam  1951 (caches culbuteurs en forme de poêles  retournées )
Peinture et échappement de Cliff Vaughs
Transmission 4 vitesses
Cadre HD de 1951 chromé
Guidon de type Ape Angers (accroche singe… je n’invente rien !)
Sortie de pot fish  tail  (queue de poisson)

 

Réservoir d’essence peanut (cacahuète) à la bannière étoilée – passages à la pompe fréquents !

 

Très grand sissy bar (bar pour chochotte)
Démarreur au kick pour les vrais mecs…

 

Voilà donc l’histoire, un peu tumultueuse de ”Captain America” qui reste une des motos les plus fascinantes du monde, en tant que symbole   de liberté,  d’espace, et  d’un nouveau mode de vie pour les Harleyistes.

 

Didier MANCHON
   

 

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De |2018-10-02T18:42:41+00:0025 juin 2018|Histoire|1 commentaire

A propos de l'auteur:

Didier MANCHON
HISTORIEN car le passé est source de découvertes. HARLEY DAVIDSON car c'est du bonheur à l'état pur à chaque instant.

Un commentaire

  1. Tristan Barbé
    Tristan Barbé 26 juin 2018 à 22 h 51 min

    Et ce qu’il faut ajouter c’est que cet hymne à la liberté est proposé comme une utopie qui s’oppose et effraie le système sociétal. Les trois héros finissent alors tués par ce système représenté par de pitoyables citoyens incarnant la retrograde et inculte société rurale américaine.

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