Le soleil était  bien là et rasait  l’horizon ce dimanche matin au moment des premiers tours de roue pour rejoindre la concession Passion Road. Le froid l’accompagnait avec un mordant encore vif, en ces premières heures du jour. Cependant la journée promettait d’être d’être belle, et même très belle…

Nous ne fumes pas déçus. Les choses prirent une tournure « à l’américaine » dès le début. Imaginez 82 motos en convoi!  Deux chapters réunis, un truc de ouf !

Leur chapter dirigé par Jean-Michel Pascal compte 210 membres et alignait 57 motos ce Dimanche.


Nous nous retrouvâmes avec eux à Saint GERMAIN en LAYE, non loin de l’office de tourisme , après être passés devant le château, sur un espace où toutes les motos trouvèrent leur place et ou nous attendaient JO et Nadine, pour nous proposer un petit déjeuner bienvenu avec café, croissants et petits pains au chocolat. Après la fraîcheur de la route, cette boisson bien chaude et ces petites douceurs furent bien appréciées.

Ce fut également l’occasion d’admirer certaines machines, dont 3 trikes et de discuter avec leurs propriétaires.


Puis vint le moment du briefing sécurité, après un regroupement général, pour rappeler ou expliquer le fonctionnement « en tiroir » et les manœuvres dangereuses à éviter sur la route. Ce fut le travail de Rémi notre responsable sécu. Enfin le signal que tous attendaient, fut lancé par Christian, notre « road Captain »: Moteur les amis!
Des vrombissements assourdissants se firent entendre, faisant trembler les murs environnants dans Saint-Germain.
Des que le feu fut vert, la horde des motos dévora le bitume et se lança dans les premiers virages. Non, je déconne, là ça fait un peu trop « JO BAR TEAM… ».

Nous prîmes donc tranquillement  la direction de Maisons-Laffitte afin de  longer son célèbre champ de course. À l’instar de Chantilly dans l’Oise, cette commune est la cité du cheval des Yvelines. Cette destinée équestre remonte au comte d’Artois, frère de  Louis XVI, qui amena en ces lieux son « écurie anglaise ». Le nom de la commune vient de la réunion de deux noms: « Maisons sur Seine » et « Jacques Laffite »  (rien à voir avec le pilote de Formule 1 !). Ce dernier était gouverneur de la Banque de France  et réalisa  un lotissement d’une centaine de maisons dans le parc du château au début du 19e siècle.

En circulant le long du champ de course, nous avons le plaisir de constater que des dizaines de véhicules anciens ou de collection sont stationnés  en contrebas et font le bonheur des amateurs du coin. Mustang, AC Cobra, anglaises, françaises et italiennes  brillent au soleil, fières et heureuses de cette seconde vie qu’on leur accorde.

Puis retour sur St Germain-en-Laye et ses élégantes rues bordées d’arbres, célèbre  pour son château, résidence des rois de France depuis François Ier, avant que Louis XIV ne s’installe à Versailles.

Mais continuons notre parcours pour nous diriger sur Poissy et longer la Seine jusqu’à Maurecourt pendant quelques kilomètres. Là encore, en ce début de printemps, on sent une vraie douceur de vivre, avec la présence de péniches à quai, de joggers qui courent  au bord de l’eau, de promeneurs avec ou sans chien… Nos échanges radio permettent de savoir que le  convoi suit correctement dans son ensemble, grâce aux « marqueurs », malgré les coupures imposées par les feux.

Maurecourt, par sa situation entre l’Oise et la Seine est le lieu d’une batellerie dont l’essor remonte à 1855 avec l’installation, à cette époque,  de la -tête d’aval  de touage-,  qui permettait la remontée des péniches sur la Seine ,vers Paris, à contre courant,  approvisionnant ainsi la capitale.


La chaîne était   immergée dans l’eau, et fixée à ses deux extrémités. Le « toueur », bateau équipé d’un moteur  et d’un treuil, s’agrippait à celle-ci et pouvait  ainsi remorquer un train d’une quinzaine de péniches non motorisées.

Revenons à notre convoi. Vint le moment de reprendre la Francilienne vers le Nord pour se rapprocher de notre Val-d’Oise et je dois avouer qu’après la sortie  Frépillon, retrouver notre campagne française, avec ses prés, ses  terrains  fraîchement labourés séparés par  quelques bosquets d’arbustes ou par de longues haies fut un vrai plaisir.

 Ayant passé une petite colline, on aperçut à droite un enclos dans lequel des chevaux blancs broutaient  tranquillement. Dans le haut des  plus grands chênes, des boules de gui leur donnaient un air de fête, pour le  bonheur des grives et des mésanges bleues, les druides ayant laissez tomber leur serpette il y a fort longtemps!

Nous sommes passés ensuite non loin de la concession pour filer vers Saint-Brice, histoire de déjeuner à « l’Américan steak house » qui dispose , idée judicieuse, d’un très grand parking.

Ayant calé les 82 motos  sur leur béquille et serré le frein des 3 trikes, ce fut le moment d’une photo de groupe avec les bannières des deux chapters pour immortaliser cette journée à l’américaine devant l’entrée de l’établissement.

 

 

Une fois assis, notre “road captain” fut rapidement l’objet de toutes les attentions par  deux Ladies du chapter ami, lui prodiguant leur soins de façon généreuse, après une conduite de convoi ayant demandé beaucoup de vigilance.Tradition à mettre en place très rapidement chez nous pour les prochains runs…

Sinon, vous avez remarqué que « steak » est écrit sans « c » normal, ça  correspond à l’écriture d’origine. L’erreur d’écriture en français remonte à la fin du 19e siècle et est retrouvée aussi dans le mot « bifteck » au lieu de « beefsteak ». Quoi qu’il en soit chacun a trouvé à l’intérieur sa place, et je fus bien content de voir arriver le mien dans mon assiette !. En fait, ce fut un assortiment de différentes viandes avec : de la bavette de l’Aubrac, de l’entrecôte d’Irlande, de la pluma ibérique et de la picanha Argentine. Cette dernière ressemble un peu à du magret de canard, bordée par un bon gras moelleux. La pluma quant à elle, est un muscle du porc situé en arrière de la colonne vertébrale, aussi bon que rare car il ne représente que 500 grammes sur un cochon de 175 kg. À déguster lentement donc et plutôt rosé, saisi à la plancha.


Après ces émotions gustatives, accompagnées de discussions intéressantes avec nos amis de Ballainvilliers, ce fut le moment du dessert, je devrais plutôt écrire- la surprise du dessert ! Deux énormes gâteau  illuminés de bougies, avait été réalisé en l’honneur de l’amitié des deux groupes de motards, et de cette journée exceptionnelle. L’un était une forêt noire aux couleurs de Ballainvilliers ;  l’autre une génoise aux fruits rouges et à la crème, aux couleurs de la Plaine de France.
Nos « directors » respectifs se sont prêtés avec plaisir à la prise d’une photo  souvenir de cet instant, symbole du rapprochement de nos entités Harley-Davidson. Une fois les bougies soufflées  par nos charmantes  Ladies, et le partage fait, j’ai senti ma glycémie remonter en flèche dans mes veines suite à la dégustation de ces fines pâtisseries. Café, retour au plein air et dernier run  pour accompagner le chapter ami afin de le rapprocher de sa route de retour

Embrassades, tapes sur l’épaule, sourires et fin d’une journée bien remplie où les valeurs de l’amitié, du partage, du respect de l’autre se sont retrouvées à l’honneur et portées par tous les passionnés Harley-Davidson présents ce dimanche.

 

À bientôt les zamis,

 

Didier MANCHON

 

« Historian »

Photos: Nadine, Patrick et moué…

 

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